Le
téléphone
Sur
le meuble de la salle à manger
Aux
côtés d’autres objets
Se
trouve le téléphone que l’on m’a donné
Mais
celui-ci reste désespérément muet.
Chaque
jour je lui enlève la poussière
Et
tout au fond de mon cœur
Règne
toujours ce petit espoir imaginaire
D’entendre
soudain la voix si douce de ma sœur.
Avant
de partir faire ce long voyage
Elle
m’avait offert celui-ci, me disant simplement:
Prends-le
en souvenir de moi, ta petite sœur !
Et
depuis lors, il attend là sur le meuble, trompeur …
Je
scrute bien souvent le firmament
Mais
tristement je n’y vois que des nuages.
Colette
